Le Groenland est souvent sur la route des avions au retour d’Europe. Si le ciel est dégagé, on aperçoit alors ses côtes. Impossible de rester impassible : les montagnes, la banquise qui se détache, les icebergs qui s’éloignent sur une mer souvent calme. L’absolue blancheur donne cette impression si évidente de pureté.

Le Groenland (le mot signifie terre verte, nom vaguement trompeur, donné par Éric le Rouge, alors en exil de l’Islande, pour inciter les colons à venir s’installer sur cette terre «hospitalière») a toujours été une terre de prédilection pour les aventuriers, une sorte de «dernière frontière». Elle le demeure encore aujourd’hui.

Pour nous ce sera du côté des fjords de l’Est, ceux de Sermiligâq et d’Angmagssalik, juste sous le cercle arctique, que nous déposerons nos kayaks. Les montagnes atteignent 2000m, la toundra y est spectaculaire, la lumière est au-delà de l’éclat (nous ne verrons pas la nuit), les glaciers, innombrables, sont les seigneurs de la nature. Mais rien n’est aussi impressionnant, et intimidant, pour nos petits kayaks, que ces cathédrales de glace qui flottent partout. Blanches, elles sont imposantes mais menaçantes. Bleues, elles sont hallucinantes et…moins dangereuses. Entre les morceaux de banquise, en gardant les icebergs à distance sécuritaire, le plaisir est alors de pagayer dans ce gigantesque labyrinthe changeant. Il est infini.

Le Groenland est, pour le kayakiste, ce que l’Himalaya est pour l’alpiniste ou le trekkeur. Ou devrait-on dire que l’Himalaya est le Groenland des trekkeurs?

 
 
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