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Le Ladakh est ouvert depuis 1974. Il est évident que
les 30 dernières années ont permis à
certains treks dans la région de devenir des “classiques”,
c’est-à-dire des voies beaucoup trop fréquentées
pendant la courte saison estivale. Il n’est pas rare
en effet de croiser une dizaine de groupes par jour dans la
vallée de Markha ou sur le chemin entre Lamayuru et
Chilling. Même le Zanskar, oublié l’hiver,
devient une destination populaire entre juin et septembre.
Il est pourtant très facile d’éviter
les foules. Le Ladakh est immense et les régions les
plus spectaculaires sont encore interdites ou n’ont
ouvert leurs portes que depuis 1996. C’est le cas du
Rupshu et du lac Tso Morari.
1) La grande traversée du Chang Tang au Spiti: C’est
drôle comme les endroits les plus reculés ne
sont pas toujours les plus inaccessibles. La route de Leh
à Manali passe à quelques vallées seulement
à l’ouest de Tso Kar (notre premier lac). Et
pourtant, personne ne pense à faire le détour.
L’endroit est désert et merveilleux. C’est
dommage parce que cette région est la seule (à
l’extérieur de la Chine) à faire partie
du Chang Tang (c’est-à-dire l’immense plateau
d’altitude qui englobe toute la partie nord du Tibet).
Il s’agit forcément
alors d’une véritable expédition. Nous
devons être totalement autosuffisants (une caravane
d’une trentaine de mules au moins) puisqu’il n’y
a qu’un seul village dans toute la région. Il
est rare de pouvoir se permettre une telle traversée
dans la chaîne himalayenne, passant d’un monde
à l’autre (Chang Tang à Spiti) grâce
à un seul immense col: le Parang la.
2) Les derniers nomades du Ladakh: Les nomades n’existent
presque plus au Ladakh. Il faut dire que les vallées
étroites de la région permettaient moins la
lente transhumance des hommes et des animaux. Le seul endroit
propice (et d’ailleurs longtemps fermé) était
ce couloir entre Tso Kar et Tso Morari. Trois groupes se partagent
le Chang Tang ladakhi: les Korzok, les Karnak et les Rupshu.
Quelques nomades tibétains se sont depuis associés
à ces familles. Etablir le
contact n’est jamais facile. Ils n’ont presque
jamais vu d’occidentaux. Bien qu’ils reviennent
régulièrement dans certaines vallées,
on n’est jamais complètement sûr de leur
itinéraire. C’est toute la force de cette liberté.
On les croise, c’est tout. S’ils s’arrêtent,
c’est qu’ils le veulent bien.
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