Pendant des siècles, sur le plateau tibétain,
le nomadisme était la seule façon de vivre.
Près de la Chine, la vallée de Rupshu, isolée,
à l’écart des routes, n’avait pas
oublié que les yacks aimaient se promener. Là-bas,
les villages sont rares. Le plateau est total, continu. Son
immensité lasse n’offre aucun but aux errances,
sinon peut-être deux lacs, comme deux écrins,
le Tso Kar et le Tso Morari. Là-bas existe aussi un
col incroyable entre deux mondes, le Parang La (5500 m), entre
Ladakh et Spiti.
C’est à Leh que tout commencera. Quelques jours
pour s’habituer à l’altitude. Pour voir
la ferveur des foules, les monastères, les forteresses.
Ensuite, et pour 17 jours, les pas seront ce qui déplacera
le monde, pour une grande traversée nord-sud, au pays
des troupeaux de kiangs (ânes sauvages tibétains).
Il y aura les lacs et l’étonnant miroir de l’eau.
Il y aura les cols, la neige et les glaciers (quatre fois,
nous passerons les 5000 mètres). Et il y aura les monastères
anciens de Spiti, dressés en pyramides sur des pitons
rocheux. On peut à peine décrire l’incroyable
sérénité du plateau, son absence de frontières,
de repères parfois, son impossible grandeur. Il nous
apparaît alors que le monde n’a pas besoin de
nous. C’est peut-être pour cela que l’homme
marche et ne s’arrête pas.
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