Si on s’amusait à tracer une
ligne entre les deux géants que sont Everest et Makalu,
on ne trouverait qu’une montagne pour oser se placer
entre les deux : Baruntse. Autant dire qu’elle n’a
pas froid aux yeux !
Ce grand sommet noble est une large masse blanche, pas terriblement
compliquée lorsqu’on la regarde de loin mais
assez engagée tout de même pour permettre un
effort véritable.
Ce qu’il faut dire d’abord de
Baruntse, c’est qu’elle se laisse désirer.
Certaines montagnes s’approchent sans effort. Pas celle-ci.
Il faut pour l’atteindre deux treks conséquents
et spectaculaires. Pour venir, on passe par le camp de base
du Makalu. Pour repartir, il faut encore traverser deux cols
techniques depuis lesquels l’Himalaya est dramatiquement
différent. Nous avions fait ce tracé des trois
cols il y a quelques années. Quelque chose d’épique
dans l’entreprise nous avait fasciné. Tout ce
chemin merveilleux (et vide) pour passer un col au-dessus
de 6000 mètres. Puis derrière, un plateau particulier
et neigeux s’offrait comme un chemin vers Baruntse.
De l’autre côté, un second col descendait
verticalement vers une vallée plus basse avant un dernier
passage, plus spectaculaire peut-être, depuis lequel
on rejoignait finalement les chemins usuels. Tout ça
était déjà génial. Restait seulement
à répondre aussi à l’appel de Baruntse.
C’est qu’on ne se place pas pour
rien entre plusieurs géants. Everest, Makalu, Lhotse
aussi. Surtout que Baruntse est à peine plus bas. Sans
doute qu’il fallait pour observer tout ça un
chemin moins difficile, technique oui, mais juste assez. Parfois
les choses paraissent claires après coup. Aussi claire
justement que toute la neige sur ce Baruntse-là.
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