Le Népal possède cette richesse
incroyable d’avoir tout à la fois certaines des
plus hautes montagnes du monde et un réseau complexe
et magnifique de sentiers permettant d’accéder
à des régions particulièrement isolées
de l’Himalaya. Sachant cela, il est surprenant de constater
que quatre chemins seulement ont occupé jusqu’à
présent la presque totalité des marcheurs :
D’abord l’Annapurna et l’Everest. Mais aussi
le Langtang et l’Helambu. Il n’est pas question
ici de dénigrer ces classiques. Nous aimons assez l’Everest
pour y retourner plusieurs fois chaque année. Et les
circuits autour de l’Annapurna, vers la vallée
du Langtang ou dans l’Helambu sont de magnifiques chemins
à faire en individuel.
Il reste qu’il serait dramatique de ne pas aussi aller
voir plus loin. Une grande partie de notre travail est justement
de faciliter la découverte de ces régions nouvelles
et souvent éloignées vers lesquelles il serait
particulièrement compliqué d’organiser
en individuel une exploration conséquente. Le Népal
s’ouvre de plus en plus et des régions encore
fermées il y a dix ans apprennent doucement à
voir passer les premiers trekkeurs. On ne dira jamais assez
ce qu’il y a d’unique à aller quelque part
tout au début d’une histoire. On retrouve sans
doute cette exaltation si chère aux marcheurs d’il
y a cinquante ans alors que tout était neuf et qu’on
allait vers des montagnes presque inconnues. On évite
aussi ce que certains ont pu regretter ensuite lorsqu’une
fréquentation trop importante avait peu à peu
banalisée un site.
C’est pour cela qu’il est si bon d’aller
autour du Dhaulagiri. Au sud, les gurungs n’ont pas
aperçu souvent l’étrange progression d’une
caravane étrangère. Au nord, le pays a gardé
cette âpreté rare au Népal des régions
où les hommes sont absents. Car faire le tour du Dhaulagiri,
c’est aussi quitter les voies d’échanges
entre Tibet et Inde et s’enfoncer vers des vallées
qui paraissent se terminer sur des montagnes. On monte alors
très hauts. Tellement haut qu’on découvre
une vallée si reculée qu’il a fallu qu’elle
devienne la « vallée cachée » et
une montagne si élevée qu’il faut passer
les 6000 mètres pour rejoindre son sommet.
Tout cela est si différent qu’au moment de retrouver
la Kali Gandaki et cette infrastructure facile de l’Annapurna,
on regarde une dernière fois vers ce chemin du Dhaulagiri.
Étrangement, on ne le voit presque plus. La vallée
est cachée. Ne passe pas qui veut !
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