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Beaucoup hésitent à aller vers le Pakistan. Sans doute que les journaux et la situation internationale des dernières années ont favorisé une image négative (et heureusement fausse dans sa plus grande partie). Bien sûr, la grande métropole de Karachi, loin au sud, est à éviter, tout comme certaines parties du grand désert du Baluchistan près de la frontière afghane. Mais pour le reste, le Pakistan est un pays merveilleusement hospitalier. Le nord est d’allégeance mahométane et cet ordre particulier de la grande religion musulmane est reconnu aujourd’hui justement pour sa tolérance et son refus d’association aux mouvements extrémistes. Le problème le plus pressant du nord reste la résolution du différent avec l’Inde au niveau de la frontière. La partie orientale du Baltistan (à une centaine de kilomètres à l’est de Skardu) est donc fermée. Notons tout de même que les gouvernements actuels paraissent enfin vouloir négocier de bonne foi même si le Cachemire demeure pour l’opinion publique des deux pays une question d’orgueil national si volatile qu’on voit mal une solution satisfaisante à court ou moyen terme. Rappelons cependant aussi que pour la région de Skardu ou des Karakoram, il n’y a jamais eu de problème.

C’était donc avec regret qu’on avait annulé il y a quelques années les voyages vers cette incroyable partie du monde (à l’époque essentiellement à cause de la guerre d’Afghanistan… même si la région n’a jamais été touchée par celle-ci !). Revenir vers le Pakistan est donc une belle victoire et déjà une différence fondamentale par rapport à ceux qui croient encore (à tort !) que le pays ne se prête plus aux voyages de trek. Rien n’est moins vrai. Quelques-uns de nos guides s’y sont promenés quelques fois déjà. Nous avons sur place une équipe reconnue et expérimentée avec laquelle il est réaliste de pousser l’aventure loin dans les Karakoram (et aussi bientôt dans l’Hindou Kush !). Ce pays, nous le connaissons bien. Nous l’apprécions grandement. Tellement d’ailleurs que nous espérons développer aussi un réseau de voyages qui ressemblerait un peu à ce que nous faisons déjà au Népal et au Pérou. Car les montagnes du Pakistan sont sans aucun doute les plus spectaculaires du monde. Rien de moins !

Sur le trek, deux grandes modifications par rapport au chemin classique nous tiennent particulièrement à cœur. Après la randonnée, un détour intéressant permet aussi de ne pas repartir trop vite.

1) Le détour vers Trango: Pourquoi courir si vite vers le K2 ? La région offre tellement d’alternatives pour ceux qui aiment flâner (et on est définitivement de ceux-là !). Au début de l’itinéraire classique, on aperçoit toujours les tours extraordinaires de Trango. Mais on les voit de loin. Très vite, on s’engage sur le Baltoro et elles disparaissent. Il nous semblait important de nous en approcher. On quitte donc le glacier principal pour aller sur celui de Trango et camper devant un petit lac près des célèbres tours. Nous nous donnons même une journée supplémentaire afin de pousser plus au nord dans la vallée. Là-bas, la nature est différente. Et l’absence presque totale de passage permet parfois l’observation d’espèces animales devenues très rares ailleurs.

2) Le col de Gondogoro (5600 mètres) : Ce col est incroyable ! Il permet bien sûr d’éviter un retour sur nos pas et ce type de boucle est toujours un gain intéressant en trek puisqu’on varie davantage les paysages. Mais ici, c’est beaucoup plus. Il s’agit d’un col directement au sud de Concordia. Sa hauteur est conséquente. On a depuis Gondogoro la assurément le plus grand point de vue sur les Karakoram. Le col est technique (ce qui implique crampons, piolet et cordes fixes). Depuis quelques années, une équipe locale s’occupe à chaque fois de poser les cordes fixes et de guider avec nous les voyageurs sur ce chemin plus pentu. La descente se fait le long de rochers parfois difficiles sur une pente prononcée. Il s’agit donc d’une entreprise plus complexe. Sans être une véritable proposition d’escalade, il ne faut en aucun cas diminuer l’engagement que requiert un col de cette catégorie. Notons que nous avons ajouté une journée de flottement afin de nous assurer les meilleures conditions possibles pour franchir le col.

3) Faire au moins une fois le trajet des montagnes par la route : Il est toujours dommage de marcher si loin et repartir si vite après un trek. Souvent, on n’y peut rien. Le temps des vacances est toujours trop court. Mais on pourrait passer des mois dans le nord du Pakistan. Les Karakoram représentent cette totale emprise du minéral sur le monde. Et pourtant, il ne faudrait pas oublier que cette région du nord est aussi la porte de l’Asie centrale et donc une ancienne étape des caravanes antiques. Nous voulions avoir au moins une idée de cette histoire des hommes sur les montagnes. D’où le détour vers Gilgit et la vallée d’Hunza. C’est court bien sûr mais on se permet quant même d’apercevoir autre chose. De remarquer déjà un peu de la richesse de la région. Nous avons aussi choisi de revenir par la route. C’est donc l’occasion de traverser une partie de la chaîne himalayenne vers le sous-continent indien. Ce n’est pas rien. Cette route permet aussi d’apercevoir l’immense masse blanche du Nanga Parbat.

 
 
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