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Il est fascinant de voir à quel point la plupart des voyagistes offrent de parcourir la Patagonie toute entière en un seul voyage, et quant à y être... pourquoi pas aussi la Terre de Feu! Or, la Patagonie est une région immense, qui dans son seul axe nord-sud, à vol de Condor, s'étire sur près de 2000km. Comme prétendre visiter Niagara, Montréal, Québec, la région de Charlevoix et faire le tour de la Gaspésie en deux semaines! ... ou si on offrait tous les treks du Népal en une seule visite!
La richesse des paysages de montagne de la Patagonie, leur grandeur et leur unicité, le sentiment de bout du monde qui nous saisit quand on affronte les vents d'été, la lumière dramatique, constamment en mouvement sous le rapide défilé des nuages, nous ont convaincus d'en parcourir moins de cette sauvage Patagonie... moins pour mieux la voir, la sentir et la ressentir...
D'abord, nous perdons peu de temps sur les routes puisque l'aéroport de Punta Arenas n'est qu'à 4 heures de route du parc, en traversant la pampa chilienne et les pâturages de moutons veillés par les gauchos. Et nouveauté... on empruntera cette année la nouvelle route d'accès au parc, qui nous mène au pied du massif en longeant les grands lacs glaciaires Nordenskjold et Pehoe, avec comme toile de fond, les vertigineuses parois bicolores des Cuernos... tout simplement trop beau!
1) Trekking dans la région des Torres del Paine: Très peu de massifs montagneux offrent des paysages aussi dramatiques que celui du Paine. Et le trek qui en fait le tour est, avec raison, considéré comme l'un des plus beaux au monde... Nous voulions y goûter tout entier! Nous marchons donc 10 jours dans la seule partie chilienne du parc national Torres del Paine... Et pour éviter l'achalandage plus important sur le versant sud (le fameux «W», rando de 4 jours), nous avons modifié l'itinéraire sur cette portion du trek pour fuir les refuges trop pleins et plutôt se réfugier dans des sites de campement rustiques, en forêt mais aussi au coeur des cirques, encerclés par les hautes parois de granite. Des porteurs nous accompagnent donc pour porter l'équipement de campement, nourriture, etc. Et on retrouve le calme d'une vraie nuit de campement en montagne, avec peut-être en prime, un petit verre de rouge chilien!
2) Trekking dans la région du Fitz Roy et du Cerro Torre: Après une brève pause dans l'oasis touristique de El Calafate pour aller contempler le glacier Perito Moreno, nous remontons vers le nord, traversant la pampa argentine aride et balayée par le vent… pour mieux revenir aux montagnes! Coincé dans une vallée étroite, au pied des célébrissimes Cerro Torre et Fitz Roy, le petit village à l’ambiance western de Chalten nous sert de camp de base pour préparer ce deuxième trek… qui tient en fait beaucoup plus de l’expédition exploratoire que du simple trek!
Alors que tôt le matin, tous les marcheurs prennent les sentiers de courte randonnée qui mènent aux deux géants mythiques, nous nous préparons à explorer la troisième calotte glaciaire en importance dans le monde, le campo hielo sur. Une mer de glace encore vierge, préservée de l’exploration par son éloignement et la fougue de son climat. Un paysage étrange composé d’horizons blancs percés de sommets acérés, de nuages déchiquetés par ces pointes de granite qui ne peut que rappeler le grand continent blanc : l’Antarctique. Rien à voir avec les entiers conventionnels qui jalonnent le parc…
Cette expédition exige des participants le même niveau d’engagement que la haute montagne. Nous partons en autonomie complète pour 6 ou 7 jours, en empruntant d’abord des terrains glaciaires pour atteindre le col Marconi et la calotte glaciaire. Selon l’humeur de Mère Nature, deux ou trois jours sont généralement nécessaires pour traverser cette section du hielo sur, via le cirque glaciaire de los Altares et sa vue imprenable sur le Cerro Torre, avant de redescendre par le col del Viento.
Pas d'alpinisme au programme, mais un guide de montagne qualifié nous accompagne. De plus, l'usage des crampons, raquettes, traîneaux et cordes s'imposent. Pas de connaissances techniques préalables obligatoires, mais une bonne condition physique et de la force de caractère! Si marcher sur un glacier n'est pas plus difficile que de marcher sur un sentier de montagne, il faut toutefois comprendre que le terrain est dynamique, et donc imprévisible, se méfier des rares crevasses, s'encorder, tolérer les températures plus froides et les changements brusques du temps… et surtout, avoir l'audace de l'aventure!
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