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Les voyageurs (surtout européens) qui ont l’audace de venir sur Sulawesi visitent seulement l’incroyable pays Toraja. Cette culture étonnante, peut-être la plus fascinante de toute l’Asie du sud-est, mérite certainement qu’on s’y arrête. Pourtant, la petite ville de Rantepao s’est développée trop rapidement pour le tourisme de masse et constitue donc une bien piètre façon de comprendre la complexité toraja. C’est plutôt dans les villages plus éloignés des montagnes, à l’occasion d’un trek, qu’il est possible de cerner un peu l’ethnologie étrange de cette partie du monde.

Marcher est donc une fois de plus la seule vraie solution:
1) Mamassa (Toraja de l’ouest): On ignore souvent qu’il y a une autre région d’influence toraja à Sulawesi. Celle-ci se trouve sur l’autre versant de la chaîne montagneuse du Sud-Célèbes. Il est fascinant de voir comment ces deux cultures se sont développées en parallèle. Mamassa permet aussi d’aborder l’étude toraja sans les touristes trop pressés de Rantepao. Ensuite, il est surtout possible de relier les deux “capitales” par un trek (7 jours) traversant toute la série des collines et où les villages ont justement l’authenticité qui manque aujourd’hui à Rantepao.

2) Parc de Lore Lindu: Si on ignore souvent Mamassa, on oublie complètement la partie centrale de l’île. Et pourtant, ce qu’on y trouve vaut tous les détours. Il y a quelques années, notre guide était la 4e personne seulement de l’année à passer par l’un des villages de la région. Et on était en décembre! Jamais une jungle ne nous avait paru si touffue et particulière (nous marchons 5 jours dans Lore Lindu). Jamais des statues de pierre n’avaient gardé autant de mystère. Tout, là-bas, est unique (ou pour le moins grandement endémique). La faune, la flore, les mégalithes, les gens, même les plages.

On imagine trop souvent Sulawesi seulement comme une étape entre Java, Bali et Sumatra. C’est aller beaucoup trop vite. A tant vouloir voir, on n’a rien vu de l’île. On passe en surface. Se limiter à la seule Sulawesi reste ainsi l’unique façon d’espérer comprendre et de pouvoir connaître.

 
 
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