Une idée du voyage...

L'expédition

Cette image qu'on se fait de l'Afrique, cette extraordinaire liberté devant ses paysages immenses, cette savane parsemée d'acacias et de baobabs, cette faune en grande migration sur un terrain où les hommes existent peu, tout cet espace, avec cette incroyable montagne aux contours blancs, si haute... Et bien savez-vous quoi? Tout est vrai. Cela existe! C'est l'Afrique de l'Est. C'est le nord de la Tanzanie. Et puis il y a ces mots : Kilimandjaro, Serengeti... Ils résonnent étrangement à l'intérieur de nous. Ils sont comme une évocation des origines de l'homme. Il est beau des les entendre et de les lire, mais les voir...

Dans un monde parfait, nous éviterions toujours les sentiers battus. Cette Afrique que l'on recherche tant s'accommode mal des foules d'ailleurs. Mais on ne trouvera pas ici un isolement total, ce n'est plus possible. Et ce d'autant plus que la nature nous a joué un coup du sort... Jusqu'en 2005, nous empruntions un chemin peu connu pour faire l'ascension du Kilimandjaro (la voie Lemosho). Malheureusement, suite à un glissement de terrain survenu en janvier 2006, il n'est plus possible d'emprunter cette voie jusqu'au sommet... Nous la suivons quand même pendant les deux premiers jours de l'ascension mais rejoignons ensuite la voie Machame, plus populaire celle-là. Mais malgré cette contrainte, c'est dans notre façon de faire que nous exprimons le mieux notre différence...

D'abord, il y a le Mont Meru, humble voisin du roi Kili, mais qui avec ses 4563m, n'en reste pas moins le 6 e plus haut sommet d'Afrique. Atteindre la cime de son immense cratère égueulé constitue une marche d'acclimatation exigeante mais idéale. En plus d'offrir des points-de-vue incomparables sur ce qu'il reste des neiges éternelles du Kilimandjaro, ce trek permet d'augmenter ses chances de réussir l'ascension du plus haut sommet de l'Afrique.

Et puis il y a l'ascension du Kilimandjaro évidemment... Vous l'aurez imaginée dans ses moindres détails, rêvée cent fois dans les mois et les semaines précédant votre départ. Vous reviendrez avec le souvenir impérissable des membres de notre équipe locale, leurs sourires, le soutien sans faille qu'ils vous apporteront dans cet effort que vous désirez livrer. Et puis il y aura la nuit au Crater Camp, l'excitation de n'être plus qu'à 200m du sommet, pour se donner la chance de ne pas arriver en haut à bout de souffle mais entier, de corps et d'esprit...

Enfin, il y a la faune, le Serengeti, cette effervescence de vie animale sans équivalent ailleurs sur la planète : belle, grandiose, bouillonnante... Vous pensiez trouver l'Afrique? Elle est bien là, en grandeur nature : immense!

Ce voyage comporte deux treks en haute montagne de 4 et 7 jours respectivement. Ces treks sont en réalité des ascensions (non-techniques) de montagnes. Pour ceux-ci, on peut considérer que les journées d'approche ne sont pas vraiment difficiles et plutôt courtes (le dénivelé peut être important malgré tout). Cependant, les journées vers les sommets sont particulièrement longues, voire pénibles au niveau de l'altitude. Elles demandent un véritable effort de la part des voyageurs. Il faut aussi compter sur le froid et la pluie parfois. Nous sommes en camping sur le Kilimandjaro et lors de la semaine de safari. Sur le mont Meru, nous couchons dans des refuges. Les hôtels d'Arusha sont confortables.

L'acclimatation 

Les vérités qu'il est bon de rappeler...

Au Québec comme ailleurs, de plus en plus d'agences offrent l'ascension du Kilimandjaro en 7 jours, des fois moins, rarement plus. Surfant souvent sur la vague des levées de fonds, ces agences parient sur la générosité des gens pour offrir des voyages à rabais : rabais sur le confort, sur l'encadrement, sur les services, mais surtout, sur la sécurité... On a beau savoir que cela existe, on ne peut pas s'empêcher de sauter de son siège à chaque fois que l'on tombe sur les annonces vantant ce type d'« aventure »...

Il est irresponsable d'offrir l'ascension du Kilimandjaro dans le cadre d'un voyage de 10 jours de Montréal à Montréal, et il est mensonger d'affirmer que c'est sans risque. La réalité, c'est que 25000 voyageurs internationaux tentent l'ascension du Kili chaque année, que seule la moitié environ atteint le sommet et que 25 personnes meurent en chemin. À titre de comparaison, 186 personnes sont décédées sur l'Everest... entre 1922 et 2004! Comme quoi la notion de danger est vraiment relative. Ou plutôt : on ne pense pas forcément prendre de risques là où il y en a pourtant...

Mal acclimatés, épuisés au point de devoir faire demi-tour, il y a donc 50% des gens qui ne réalisent pas ce rêve pour lequel ils auront dû débourser 6000$ et plus... Et puis il y a ceux qui meurent d'embolies cérébrale ou pulmonaire, encadrés par des guides n'ayant pas su détecter leurs symptômes à temps et qui les auront convaincu à tort qu'il valait le coup de continuer... 1 décès pour 1000 tentatives d'ascension, c'est un taux 10 fois plus élevé que celui du nombre de décès causés par les accidents de la route au Canada. Autant dire que sur le Kilimandjaro, beaucoup d'agences se conduisent comme des chauffards...

Qui plus est, ces chiffres officiels cachent une autre réalité, non chiffrée celle-là, qui est celle des équipes locales, guides et porteurs, qui accompagnent ces 25000 voyageurs internationaux. Ces personnes aussi doivent s'acclimater puisque quand on descend de la montagne, il suffit de quelques jours passés dans la plaine pour que tout le processus d'acclimatation soit à refaire. Contraints, pour des raisons économiques évidentes, d'accompagner des voyageurs pressés d'arriver au sommet, les membres des équipes locales sont bien souvent les premières victimes de notre rythme de vie effréné que l'on pense, à tort, pouvoir adopter en altitude. Mais le décès de ces personnes n'est pas comptabilisé... Une belle illustration de ce que l'expression « ne pas prendre en compte » veut dire : ne pas considérer, ou faire comme si cela n'existait pas...

Monter et redescendre le Kili en 7 jours...

Que nous dit la règle communément admise à propos du rythme adéquat à adopter lors d'une ascension? Au-dessus de 3000 mètres, on ne devrait monter que de 300 à 400 mètres par jour et prendre une journée de repos tous les 1000 mètres. Avec une altitude de 5895 mètres, le Kilimandjaro requiert en théorie que l'on couvre ses 3000 derniers mètres en 9 ou 10 jours. Cependant, la base de la montagne ne se trouve pas à 3000 mètres d'altitude mais seulement à 1800 mètres. Et puis une fois arrivé au sommet, il faut aussi redescendre, ce qui prend 2 jours.

 

Alors faire tout cela en 7 jours dans le cadre d'un voyage de 10 jours, c'est de la folie! Car il ne faut pas oublier le transport aérien, le décalage horaire et tous ces facteurs qui font que l'on n'est pas forcément au sommet de sa forme quand on arrive dans un environnement complètement nouveau comme l'Afrique... Se lancer dans un voyage de ce type, c'est avant tout se donner toutes les chances de ne pas réussir ce pourquoi on a fait le déplacement : l'ascension!

S'informer et voyager intelligemment...

Il nous semble que toute personne intéressée à l'idée d'atteindre le sommet d'une montagne, qui plus est dans le cadre d'une levée de fonds pour une oeuvre caritative, devrait se soucier de son plaisir, de la réalisation de ses objectifs et de sa sécurité, ainsi que de celle des autres... Et cela commence par rechercher l'information pertinente. Il ne suffit pas de s'en remettre aux seules affirmations de personnes soucieuses de vous offrir ce que vous demandez, à savoir un voyage « vite fait bien fait » qui ne grugera pas toutes vos vacances de l'année et qui vous offrira des frissons! Car il est vrai que quand on joue avec sa santé, le frisson est garanti...

Il existe de nombreuses sources d'informations sur le mal aigu des montagnes et sur les règles de sécurité élémentaires qu'il est essentiel de suivre lorsqu'on dépasse une certaine altitude. Il existe aussi des façons de faire plus raisonnables. C'est toujours le cas chez Karavaniers puisque tous nos voyages en altitude sont montés de façon à ce que l'acclimatation se fasse de la façon la plus contrôlée et la plus sécuritaire possible. Ainsi, bien nous ne tenions pas de statistiques précises à ce sujet, nous pouvons vous affirmer que le taux de réussite des voyageurs qui tentent l'ascension du Kilimandjaro avec nous dépasse aisément la barre des 95%. Bien plus que 50% donc...

Enfin, quand on parle de « voyager intelligemment », n'y voyez pas d'arrogance de notre part mais juste un rappel de ces évidences qu'on a trop vite fait d'oublier quand vient le temps d'acheter un voyage : les économies (en temps ou en argent) que l'on fait d'un côté ont forcément des répercussions quelque part. Quand il s'agit du nombre de fois où l'on mangera au restaurant ou du nombre de nuits que l'on passera à l'hôtel, cela n'est pas dramatique. Mais quand on parle des vêtements et de l'équipement dont disposent les équipes locales pour travailler et dormir à plus de 5000 mètres d'altitude; quand on parle de la qualification des guides qui nous encadrent; quand on parle du temps « gagné » sur l'ascension d'un sommet pour pouvoir retourner travailler le lundi suivant à Montréal, les répercussions peuvent être dramatiques... Le temps de l'information, de l'apprentissage et de la réflexion ne devrait jamais être l'objet de nos caprices, de notre empressement et de notre avarice...

Itinéraire proposée

N.B. : il est possible de raccourcir cet itinéraire en coupant les jours 3 et 8, ainsi que la portion safari. Cependant, nous déconseillons fortement de ne pas faire l'ascension du Mont Meru avant celle du Kilimandjaro. Nous ne pourrions pas garantir un aussi grand taux de réussite sur le Kilimandjaro sans ce trek d'acclimatation de 4 jours. Par ailleurs, il serait aussi dommage d'aller aussi loin et de ne pas en profiter pour faire un safari!

Jours 1 et 2 - Vol jusqu'à Arusha en Tanzanie
Départ pour la Tanzanie et arrivée au Kilimandjaro International Airport, à proximité de la ville d'Arusha où nous passerons les deux premières nuits. Sise dans la vallée du grand rift africain, cette agglomération en expansion s'étale au pied du Mont Meru.

Jour 3 - Marche dans les environs d'Arusha
Avant d'entreprendre l'ascension du Meru et afin de nous remettre en douceur du décalage horaire, nous partons à la découverte des environs d'Arusha. Nous visitons le village de Wa-Arusha et entrons contact avec ses habitants. Nous marchons (environ 12km) dans les plantations environnantes (mais, café, banane...), à travers une belle forêt et dans le lit d'une rivière (n'oubliez pas vos sandales de marche!). Bain de culture, bain de nature et bain de pied : y a-t-il une meilleure façon de se familiariser avec l'Afrique?

Jours 4 à 7 - Ascension du Mont Meru (4563m)

Jour 4 - Transfert au Mont Meru et début du trek
Après un transfert par la route d'environ 2h, nous entamons l'ascension du Mont Meru. Au départ de la porte de Momella (1500m), nous avalons 1000m de dénivelé avant d'atteindre le refuge de Miriakamba (2500m), moins de 7km plus loin. Nous y passons notre première nuit.

Jour 5 - Saddle Hut et Petit Meru (optionnel)
Après une marche d'environ 4h en matinée, nous atteignons le refuge de Saddle Hut (3500m). Bien qu'une grosse journée nous attende le lendemain, l'ascension optionnelle du Petit Meru (3820m, 1 à 2h de marche) est à la portée de ceux qui ont de l'énergie à revendre!

Jour 6 - Sommet du Mont Meru
Départ avant l'aube (2h du matin) et longue ascension jusqu'au sommet du Mont Meru (4563m). Le cratère égueulé du volcan n'est pas sans rappeler celui du Mont St-Helens aux États-Unis. Par temps clair, nous assistons au lever de soleil sur le Kilimandjaro... Inoubliable! Retour au refuge de Saddle Hut.

Jour 7 - Retour dans la plaine
Nous redescendons au pied de la montagne (4h de marche) avant de reprendre la route en direction de notre hôtel, à proximité du Parc National d'Arusha. Il n'est pas rare en chemin de pouvoir observer des girafes, des antilopes, voire des éléphants si on est chanceux. Après-midi libre (repos!).

Jour 8 - Safari dans le Parc National Arusha
Après un départ matinal, nous visitons le Parc National Arusha (safari d'environ 6h). Après-midi de détente en prévision du Kilimandjaro.

Jours 9 à 15- Ascension du Kilimandjaro, le plus haut sommet de l'Afrique (5895m

Jour 9 - Transfert au pied du Kilimandjaro (Lemosho Gate) et départ du trek
Après trois heures de route, nous remplissons les formalités d'entrée à la porte de Lemosho (2273m). Nous entamons alors l'ascension et atteignons Forest camp (2677m), notre premier campement, après environ 3 heures de marche.

Jour 10 - Forest Camp (2677m) - Shira 2 (3904m)
Shira Cathedral, Shira Needle, Lava Tower : autant d'éperons rocheux qui brisent la ligne d'horizon en émergeant des nuages qui enveloppent la plaine... Au loin, le Mont Meru manifeste parfois sa présence, surmontant ainsi cette compréhensible timidité qu'il éprouve face à son illustre voisin. C'est une longue journée de marche (7-8h, parfois plus) avant d'atteindre notre prochain campement.

Jour 11 - Shira 2 (3904m) - Barranco (3986m) via Lava Tower (4600m)
Bonne journée de marche (6-7h) idéale pour une acclimatation en douceur puisqu'après un détour au pied de Lava Tower, nous redescendons pour passer la nuit au camp de Barranco.

Jour 12 - Barranco (3986m) - Barafu (4600m) via Karanga (3963m)
La journée commence fort (un peu de scrambling) avant que le chemin ne s'apaise jusqu'à Karanga. En après-midi, nous montons continuellement jusqu'au campement de Barafu (6-7h de marche). Nous nous préparons en vue de la montée vers Crater Camp et de l'ascension finale.

Jour 13 - Barafu (4600m) - Crater Camp (5700m) via Stella Point (5732m)
Départ matinal. Sans surprise, cela monte beaucoup... Mais après 7-8h de marche et 1100m de dénivelé, nous atteignons le Crater Camp. Après-midi libre mais possibilité de marcher autour (littéralement...) du glacier Furtwängler (environ 2h). Réduit à sa portion congrue, cet îlot de glace parvient encore à résister aux assauts du réchauffement climatique. Tout prêt de là, il y a aussi la cheminée du Kili et ses fumerolles aux relents de souffre... Spectaculaire!

Jour 14 - Crater Camp (5700m) - Mweka Camp (3100m) via Uhuru Peak (5895m)
Départ dans le froid piquant de potron-minet en direction du sommet. Nous l'atteignons à temps pour le lever du soleil. La lumière a des reflets de début du monde... Mais après ce spectacle inoubliable, il nous faut (déjà!) penser à redescendre... Dégringolade de 2800m jusqu'au Mweka Camp (environ 6h de marche).

Jour 15 - Mweka camp (3100m) - Mweka Gate (1490m) et transfert à Arusha
Descente de trois heures environ jusqu'à la porte de Mweka avant de reprendre la route en direction d'Arusha (2h-3h).

Jours 16 à 20 - Safari
N.B. : les sites visités et l'itinéraire emprunté lors de ce safari dépendent beaucoup des saisons. L'état des routes lors de la saison des pluies peut par exemple nous contraindre à limiter nos déplacements. Nous sommes aussi à l'affut des migrations et des troupeaux. Il faut donc prendre ces informations à titre indicatif..

- Visite du parc national du lac Manyara, reconnu pour ses nombreuses populations d'oiseaux et ses éléphants. Selon la saison et l'état des routes, nous nous rendons parfois au parc national de Tarangire à la place.

- Safari en jeep dans le parc national du Serengeti, observation de la faune.

- Excursion au cratère du Ngorongoro. Observation des grandes populations d'herbivores et d'oiseaux aquatiques qui peuplent la région.

Jours 20 et 21
Retour à Montréal.

N.B. : Ce descriptif vous donne les grandes lignes du voyage et vous est donné à titre indicatif. Cependant, il est essentiel de comprendre que des imprévus peuvent toujours survenir (c'est la nature même des voyages!). Dans ce cas, les guides Karavaniers peuvent décider d'apporter des modifications à l'itinéraire s'ils estiment que cela est nécessaire ou préférable.

 
 
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