Friluftsliv

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Friluftsliv.

Onze lettres qui cassent la langue mais qui valent tous les antidépresseurs du monde.

Pour ceux et celles qui n’en auraient jamais entendu parler, il s’agit d’un concept de conscience collective norvégien qui place le contact quotidien avec la nature au cœur du bien-être.

 

Le mot se décompose ainsi :

fri = libre

luft = air

friluft = récréation

frilufts = plein air

liv = vie, vivant

friluftsliv = littéralement « vie libre dans l’air », ou « vie au grand air »

Cette philosophie remonte à l’époque où les Norvégiens ne se posaient pas la question de savoir s’ils allaient dehors ou pas. Ils y étaient déjà. Pêcheurs, chasseurs, cueilleurs, ils vivaient dans cette intimité permanente avec leur territoire.

Puis est arrivée cette chose qu’on appelle le « progrès ». Les usines, les bureaux, les maisons bien chauffées. L’humanité s’est mise à l’abri. Conséquence ? La nature est devenue cette chose qu’on observe par la fenêtre, qu’on exploite quand c’est rentable, qu’on combat quand elle dérange. Une étrangère.

Les décennies ont passé. L’urbanisation a fait son œuvre, la technologie a rationalisé le quotidien. Mais dans les années 1990, la bulle a éclaté. Face à une épidémie de dépression saisonnière et de mal-être urbain, les Norvégiens ont réalisé qu’en se protégeant de leur environnement, ils s’en étaient coupés.

Alors ils sont ressortis. Ils ont créé des garderies de plein air, voté des lois sur l’accès à la nature, transformé le temps passé dehors en pilier national.

Le Friluftsliv était né. Ou plutôt, ressuscité.

François-Xavier Bleau

Nos guides viennent justement d’aller le tester. En août dernier, dans les Lofoten (archipel norvégien situé au nord du cercle polaire arctique), FX et son groupe ont appris la différence entre connaître le concept et l’incarner. Disons que quand certains finissent par se déshabiller pour plonger dans un lac glacé, c’est que la philosophie norvégienne a fait son effet. Ceux qui ont vécu ce voyage sauront exactement de quoi on parle… il paraît que ces moments de connexion totale avec la nature nordique marquent à vie.

Au Groenland, nos guides Olivier, Renée-Claude, Jean-Philippe et Julien ont découvert une approche du bien-être complètement différente. Territoire danois sur papier, mais terre inuite dans l’âme, où la relation au temps et à l’espace suit d’autres règles que les nôtres. Dans ces immensités glacées et ces nuits blanches de l’été arctique, le hygge danois rencontre la sagesse inuite millénaire, et ça donne quelque chose d’unique : cette capacité à créer de la chaleur humaine dans le froid polaire. Le bonheur se trouve dans la simplicité radicale : un thé chaud face à un iceberg dérivant, le silence absolu des fjords, l’intimité forcée avec l’immensité.

On tenait à vous partager quelques-unes de leurs photos.

À bientôt !

François-Xavier Bleau
Dôme de bivouac installé sur le sol arctique, ustensiles de cuisine et moustiquaire en place
François-Xavier Bleau
Petit bateau moteur devant le village de Kulusuk au pied des montagnes
François-Xavier Bleau
Maisons colorées près du rivage, campement de kayaks sur l’herbe
François-Xavier Bleau
Olivier Paradis
Olivier Paradis
Olivier Paradis
Olivier Paradis

Conférence sur la Norvège

François-Xavier Bleau