Une chaîne de montagnes aux sommets plats se reflète dans une étendue d'eau calme, entourée de collines vertes et de végétation, sous un ciel nuageux au coucher du soleil. - Karavaniers

L’Afrique du Sud et le Lesotho en Dolce Vita : comment on a imaginé ce voyage

  • 8 min.

Ophélie guide et conçoit des voyages chez Karavaniers depuis 2018. C’est elle qui a imaginé ce nouveau voyage en Afrique du Sud et au Lesotho, après avoir guidé les deux premières éditions du trek Drakensberg et Lesotho.

On lui a posé quelques questions sur la genèse de cet itinéraire. Voici ce qu’elle nous a répondu.

Un lodge moderne avec de grandes fenêtres et des toits en pente se dresse devant une montagne spectaculaire aux falaises abruptes, entourée de collines et d'arbres verts sous un ciel bleu clair. - Karavaniers

D'OÙ VIENT L'IDÉE DE CE VOYAGE ?

L’idée vient directement du terrain.

J’ai travaillé sur notre voyage Drakensberg et Lesotho , qui est une version plus engagée, et j’ai eu la chance de guider les deux premières éditions. Sur place, on réalise rapidement le potentiel immense de cette région : les paysages sont spectaculaires, les rencontres avec les Basotho sont marquantes, et la marche dans les Drakensberg est exceptionnelle.

Mais je voyais aussi qu’il y avait de la place pour une autre façon de découvrir ces montagnes.

Certains voyageurs ont envie de vivre ces régions, de marcher plusieurs jours dans ces paysages incroyables, tout en gardant une touche de confort le soir et sans l’aspect camping.
L’idée a donc été de reprendre les ingrédients qu’on aime le plus : les Drakensberg, le Lesotho, les villages, les grandes marches en montagne, et de construire un nouvel itinéraire qui permet de se poser davantage et de profiter de beaux hébergements après de bonnes journées de marche.

On garde l’esprit du trek, mais avec un rythme un peu plus doux et un confort qui permet vraiment de savourer les lieux.

SI TU DEVAIS RÉSUMER CE VOYAGE EN UNE SEULE IMAGE / CHANSON / TABLEAU / PLAT ?

Une image : un berger du Lesotho enveloppé dans sa couverture basotho, debout sur une crête, avec des chevaux derrière lui et des montagnes à perte de vue.

C’est une scène qu’on pourrait croire sortie d’un autre temps. Et pourtant, c’est la vie quotidienne là-bas.

Ce voyage donne souvent cette impression : être témoin d’un monde qui continue simplement à exister, loin de notre rythme effrené.

Plusieurs petites huttes en pierre et au toit de chaume sont dispersées dans un paysage vallonné et herbeux, avec quelques arbres et clôtures, sous un ciel partiellement nuageux. Des collines et des montagnes sont visibles à l'arrière-plan. - Karavaniers
CLAUDE CHARLAND

Le Lesotho, c'est souvent le grand inconnu pour les voyageurs québécois. Comment le décrire?

Le Lesotho est un pays unique.

C’est un royaume complètement enclavé à l’intérieur de l’Afrique du Sud, et surtout le seul pays au monde où tout le territoire se trouve au-dessus de 1400 m d’altitude.

Concrètement, ça veut dire des paysages de montagnes ouvertes, des plateaux immenses, des vallées profondes et une vie rurale encore très présente.

Ce qui frappe les voyageurs, ce sont les bergers à cheval, les villages isolés et les grandes couvertures de laine que portent les Basotho. On a vraiment l’impression d’entrer dans une culture montagnarde très forte.

Et comme peu de voyageurs y passent, les rencontres gardent quelque chose de très spontané.

Le Lodge communautaire de Malealea, c'est quoi l'histoire?

Le lodge de Malealea est un bel exemple de tourisme qui profite directement à la communauté.

À l’origine, l’idée était simple : créer un lieu où les voyageurs pourraient séjourner tout en générant des emplois pour le village et les environs. Aujourd’hui, beaucoup de personnes du coin travaillent avec le lodge : guides, cuisiniers, cavaliers, artisans.

Quand on y passe quelques jours, on ne fait pas qu’y dormir. On marche avec des guides locaux, on traverse les villages, on découvre leur quotidien.

Ce genre d’endroit nous rappelle qu’un voyage peut aussi être un échange, pas seulement une visite.

Une personne traverse à cheval un paysage herbeux composé de collines ondulantes, de falaises rocheuses et d'un ruisseau sous un ciel partiellement nuageux. - Karavaniers
Alexandre Choquette

Les Drakensberg : qu'est-ce qu'on va vivre là ?

Les Drakensberg sont probablement l’une des plus belles chaînes de montagnes d’Afrique australe, et ce qui marque surtout les marcheurs, c’est la diversité des paysages qu’on traverse.

Certaines journées, on marche sur de grandes crêtes herbeuses avec des panoramas immenses. Dans le secteur du parc de Royal Natal, par exemple, on se retrouve face à des amphithéâtres rocheux gigantesques, sculptés dans des colonnes de basalte. C’est là que se jettent les chutes Tugela, parmi les plus hautes du monde, qui dévalent la paroi sur plusieurs centaines de mètres. La sensation d’échelle est assez saisissante.

À d’autres moments, on se retrouve plus bas dans les vallées, au pied des montagnes, avec une perspective complètement différente : les falaises deviennent encore plus impressionnantes quand on les regarde depuis les sentiers qui serpentent au fond des vallées.

Cette alternance entre les crêtes, les plateaux d’altitude et les vallées profondes donne beaucoup de relief au voyage. On change constamment de point de vue sur la montagne.

Et puis il y a toute l’histoire du lieu : les peintures rupestres laissées par les San il y a des milliers d’années, les récits zoulous, les villages isolés qui ponctuent ces paysages.

C’est une montagne très vivante, qui raconte à la fois la géologie, l’histoire humaine et la vie quotidienne de ceux qui y habitent.

Pour qui ce voyage est-il fait ?

Ce voyage s’adresse avant tout à de bons marcheurs, des gens qui aiment passer plusieurs heures dehors et qui prennent plaisir à avancer dans des paysages de montagne.

C’est aussi un itinéraire qui attire des voyageurs curieux, qui ont envie de découvrir une Afrique différente : moins centrée sur les safaris, davantage tournée vers les montagnes, les villages et les rencontres.

Et très souvent, le Lesotho devient la grande surprise du voyage. Peu de gens savent à quoi s’attendre en y arrivant… et c’est justement ce qui le rend si marquant.

Un groupe de randonneurs marche en ligne le long d'un sentier étroit sur une crête herbeuse, entourée de collines ondulantes et de montagnes lointaines sous un ciel bleu. - Karavaniers
CLAUDE CHARLAND

Une chose que tu as hâte de partager avec les participants ?

Ce que j’aime le plus dans ce voyage, ce sont les contrastes. Et j’ai toujours hâte de faire découvrir toutes ses facettes.

Le volet urbain de Johannesburg en début et fin de voyage est vraiment le fun, nous gardons de belles surprises à nos voyageurs pour cette portion du voyage et c’est toujours un plaisir pour moi de les partager.

Puis il y a le Lesotho, qui est pour moi un vrai coup de cœur. Les paysages de montagne, les villages isolés, la lumière… et la fameuse course de chevaux, qui est toujours un moment fort et assez impressionnant à voir.

Ensuite, on arrive dans les Drakensberg, où le rythme change. On part marcher plusieurs jours dans les montagnes, avec l’excitation de découvrir chaque soir un petit lodge niché dans la nature. Et les journées se terminent souvent simplement : autour d’un bon repas, avec un verre de chenin blanc !

Johannesburg : qu'est-ce qu'on y trouve qu'on ne cherchait pas ?

Johannesburg est souvent une ville qui impressionne les voyageurs… parfois même un peu trop. Beaucoup arrivent avec certaines appréhensions.

Mais justement, on aime beaucoup offrir un regard plus nuancé et contrasté sur cette ville, parce qu’elle est fascinante dès qu’on prend le temps de la découvrir.

On découvre une ville extrêmement vivante : art urbain, musique, restaurants, quartiers créatifs comme Maboneng, et une scène culturelle très dynamique.

C’est aussi un lieu clé pour comprendre l’histoire récente de l’Afrique du Sud : l’apartheid, les luttes sociales, et les transformations du pays.

Et puis, on a prévu quelques belles surprises au début et à la fin du voyage, pour permettre aux voyageurs de vivre Johannesburg autrement et d’avoir une expérience complète, très différente de l’image qu’on s’en fait souvent au départ.

Une rangée de boutiques rustiques avec des façades en pierre et en bois, des toits rouges et des enseignes visibles telles que "Roseberge" et "O.K. Leather". Un moulin à vent et de la verdure sont présents devant les bâtiments. - Karavaniers
CLAUDE CHARLAND

Randonnée confortable ne veut pas dire facile. Quel est le niveau réel ?

Ce voyage demande une bonne forme physique. On parle d’un niveau modéré, pour des voyageurs en forme, qui aiment passer plusieurs heures par jour sur les sentiers. Au total, le voyage comprend 10 jours de marche qui durent généralement 6 à 7 heures, avec des dénivelés qui peuvent atteindre entre 700 et 1200 mètres selon les étapes.

La bonne nouvelle, c’est qu’on marche léger, avec seulement un sac de jour. La logistique et les bagages suivent par véhicule entre les hébergements.

Un groupe de randonneurs munis de bâtons de trekking remonte un sentier de canyon étroit et rocailleux entre de hautes parois rocheuses abruptes, lors d'un trek en Afrique du Sud. La végétation est rare et la lumière du soleil éclaire une partie du canyon. - Karavaniers
Envie d'explorer l'Afrique autrement ?

Le Maroc, la Tanzanie, l’Ouganda. On a d’autres idées pour vous.

Village traditionnel du Lesotho au lever du soleil, huttes rondes en pierre et habitants en habits colorés
François-Xavier Bleau