Christine Plaisant

Spécialiste et guide

Christine a travaillé plusieurs années en France dans l’organisation de voyages d'aventure et chargeait dès que possible son sac à dos pour découvrir le monde à son rythme tranquille, de la Patagonie mythique aux vallées népalaises. À la rencontre des peuples turcs, arméniens, perses, kirghizes, nomades, en passant par les palais oubliés du Gujarat ou les sites millénaires de Jordanie. Dans ses rêves, il y a celui de traverser la Russie en transsibérien l'hiver, de fouler les terres du Kamchatka, de reprendre la conversation avec ces iraniennes autour d'un thé, de retourner à Istanbul quelques années contempler le Bosphore, frontière imaginaire qui sépare son Europe natale du continent asiatique qui la fascine : les steppes kirghizes, les bazars d’Ispahan, les villages de Tushetie… Rêveuse mais consciencieuse, Christine a les yeux qui brillent malgré elle en parlant de voyage. Et si elle est absente du bureau, c’est qu’elle est avec son sac à dos et que le besoin de sentir des épices s’est fait trop fort, elle est sûrement dans un marché au Moyen-Orient, une ruelle de souk d’Afrique du nord, une vallée cachée en Himalaya ou dans les steppes d'Asie centrale ! Soyez-en sûr, elle sera « aux petits soins » avec vous.

Une anecdote de voyage

Christine a souvent eu un pied en Turquie, pays et peuple qu'elle affectionne particulièrement. Région au coeur d'une triste et complexe actualité, nous voulions rendre hommage à ce coin de l'Europe-Asie, dont la diversité multi-ethnique en fait aussi sa richesse.

De la Mer Noire aux Steppes des Kaçkar

Ma dose d'Orient
"...Déjà les indices vus du tarmac ne trompent pas. Derrière l'aile de l'avion à quelques mètres la mer Noire (moins que son çay), et de l'autre côté les collines abondantes de théiers. Je retrouve les minarets qui dépassent, et reconnais bientôt l'odeur des simits tout chauds. ..."

"...Je croise 3 bergers et leur troupeau. La tradition de l'accueil et du partage de thé ne se fait pas languir, accompagné de viande de moutons fraîchement cuite. Ils rigolent et se tapent sur l'épaule. Ils sont beaux, le visage franc, sain, joyeux. Deux s'appellent Hassan, ils me précisent alors Hassan 1 et Hassan 2 en riant. Yalcin en profite pour leur donner des balles de revolver. Hassan me fait signe que des loups ont égorgé quelques bêtes il y a 2 jours. Un d'eux me demandent si je parle russe. Je réponds quelques mots, pas peu fière, et lui demande pourquoi lui au fond de la Turquie de l'est, il parle russe. Il me répond qu'il a travaillé autrefois à Moscou. Pas lui mais beaucoup de turcs au début du siècle dernier étaient partis en Russie et avaient fait fortune dans la pâtisserie. Voilà pourquoi on trouve de magnifiques demeures dans un style de manoirs perdus au fond de la forêt. Et de très bons desserts dans les boulangeries. Je regarde Hassan rouler son tabac après avoir sorti sa petite boîte en métal gravée. Yalcin explique qu'il ne fume pas ou plus, et montre son ventre bien rond. Ça sent bon la ferme autour de moi. J'aurais bien dormi là. Bientôt je me retrouve avec un agneau dans les bras. J'avais oublié comme c'est doux. ..."

Bal sylvestre du minaret
"...Les rayons du soleil illuminent le vert sombre des champs de théiers tout autour. Ce serait une des raisons de la renommée du miel de la région. C'est vrai que ça sent bon dans l'air. Dense. Danse. Au cœur de la forêt, j'entends au loin le chant s'échapper du minaret le plus proche, qui fait s'envoler un nuage d'oiseaux. En pleine nature, cet appel à la prière prend un autre sens. Et c'est tout aussi beau. Même si le bruit maladroit à la fin me fait toujours sourire : celui de la fin d'un enregistrement K7 comme sur les magnétophones de notre enfance. ..."
(* "bal" signifie "miel" en turc)

"...Parfois (seulement parfois) j'aimerais être un homme en voyage. Par exemple, à l'entrée d'une mosquée, décorée de chaussures bien rangées. Ou dans un café embrumé de fumée, où les hommes de tout âge sirotent leur thé, jouent au backgammon ou lisent leur journal, autant de scènes que je devine derrière la vitre, souvent décorée du fameux croissant peint ou gravé au milieu de la fenêtre.
Et quelquefois certains regards dans ma direction me donnent juste envie de savoir. À défaut de lancer les dés et déplacer les pions. Malgré mon teint mat et mes sourcils bruns et bien épais, je me demande toujours si c'est parce que je parais étrangère ou parce que je suis une femme. Ou les deux. ..."

D'autres récits de Christine sur le blog des Karavaniers :

-> Népal, apprécier les montagnes depuis les vallées

-> L'Ouzbékistan sous son manteau blanc

 



 

L'infolettre des karavaniers

Haut